Le vendredi 1er avril 2005, une soixantaine de
personnes ont occupé dans l’après-midi les locaux de
l’Organisation Internationale pour les Migrations.
Dans le cadre de la deuxième journée européenne de
mobilisation, une dizaine d’associations, groupes,
collectifs et individus (9ème collectif de
Sans-Papiers, AC, Alternative Libertaire, CNT,
Collectif de soutien aux exilés du 10ème, Coordination
des Intermittents et Précaires d’Ile de France, Droits
devant !!, GISTI, Ras’L’Front, Rajfire) se sont
rassemblés pour dénoncer les politiques de gestion
globale des migrations fondées sur l’utilitarisme :
l’Europe veut les travailleurs sans les citoyens.
Le Responsable de l’OIM-Paris, Abye MAKONNEN, nous a
soutenu que son organisation intergouvernementale
n’était présente dans les camps que pour assurer le «
bien être » des migrants, pour leur assistance. Elle
n’est que l’instrument de décisions souveraines des
Etats de « restreindre » le passage de leurs
frontières. Mais il nie collaborer aux politiques
sécuritaires et répressives de ces Etats et affirme
même être pour la liberté de circulation. Tout
l’entretien est disponible sur :
serontb.free.fr/OIM.
Aujourd’hui, samedi 2 avril 2005, une marche a eu lieu
au départ de Stalingrad à 14h organisée par les
collectifs de Sans Papiers du 11ème, 18ème et 19ème
arrondissement, aisni qu’un rassemblement de soutien au 9ème
Collectif de Sans Papiers de 16h30 à 19h30, place de
l’Odéon.
LIBERTE DE CIRCULATION ET DROIT AU SEJOUR, CONTRE LES
CAMPS
L’Organisation Internationale pour les Migrations
(OIM) : “ gérer les migrations au bénéfice de tous ”
Ou plutôt au profit de certains ?
Aujourd’hui, quand il s’agit d’étrangers, les droits
de l’homme sont devenus une valeur accessoire au
regard de la lutte contre l’immigration clandestine,
la protection des frontières ou les besoins
économiques de l’Union Européenne.
L’Europe nous annonce qu’elle vieillit et qu’en
conséquence une des solutions – depuis longtemps déjà
pratiquée – est désormais celle d’une réouverture
sélective des frontières pour que ne rentre sur son
territoire qu’une immigration “ choisie ” et non plus
“ subie ” (Cf. Livre vert de la Commission européenne
de janvier 2005 sur l’immigration économique).
L’idée est la suivante : l’Europe veut avoir les
travailleurs sans les citoyens, ni d’ailleurs les
demandeurs d’asile, les familles ou les malades…
Cette sélection pourra s’opérer dans les camps prévus
à l’extérieur de l’Europe (Maroc, Lybie) et en
application de ces politiques européennes aux noms
anodins de “ partage du fardeau ”, partenariat ,
co-développement et politique de voisinage (ce que
Jean-Pierre Raffarin appelle “ émigration partenariale
” ou politique d’immigration “ co-choisie ”).
L’OIM : gestion des migrations ou refus des
indésirables ?
Dans ces dispositifs, l’OIM joue un rôle capital :
créée en 1951, elle compte près d’une centaine de
membres, dont tous les membres de l’Union Européenne,
qui en financent l’organisation et les activités.
Avec ses nombreuses ramifications, elle poursuit la
mise en place d’un “ cordon sanitaire ” autour de
l’espace Schengen tout en érigeant des dispositifs de
contrôle dans les pays d’origine et de transit.
L’OIM se présente comme un gestionnaire des
migrations. D’un côté, elle mène un politique
d’internement et de rapatriements forcés pour les
étrangers considérés comme indésirables par les
gouvernements : celles et ceux qui n’ont ni “ la
chance ” d’être reconnu-e-s comme réfugié-e-s ni ne
font partie des personnes dont les connaissances
d’expert-e-s ou la main d’œuvre sont nécessaires dans
les régions en croissance de ce monde.
De l’autre, elle mène une politique de recrutement et
d’exploitation des travailleurs considérés comme
économiquement et temporairement “ utiles ”.
C’est un nouveau mode de gestion de la force de
travail que l’Europe met en place, fondé sur la
précarisation et l’exploitation. Les migrants ne sont
que les premiers à subir les conditions de vie et de
travail qui seront bientôt, à des degrés divers,
celles de tous les travailleurs en Europe. Mais, par
leurs pratiques de la mobilité, ils portent un
ensemble de revendications. Ce sont ces revendications
que nous intégrons dans la préparation de
l’EuroMayDay, et nous appellons à une participation
massive au 1er mai 2005.
Face à ces politiques qui ne voient dans l’immigration
qu’un problème et des flux mécaniquement gérables,
nous occupons le siège parisien de l’OIM pour
participer aux actions qui, en cette deuxième journée
européenne de mobilisation, veut mettre les luttes des
migrants au premier plan, les renforcer et multiplier
leur pluralité dans un cadre transnational.
Appel pour la journée européenne, posters, textes,
calendrier et compte-rendus des actions européennes :
http://pajol.eu.org/
rubrique168.html