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Exploitation du travail et "caporalato" dans les campagnes siciliennes

Quatrième rapport de la campagne #overthefortress du ghetto de Cassibile et les serres de Vittoria

12 décembre 2016

Interviews à : Giuseppe Scifo, secrétaire Cgil de Ragusa ; Andrea Gentile, operateur de l’accueil et collaborateur de MeriodoNews ; Ausilia Cosentini, Coopérative Proxima ; Zino Pitti, Association par les Droits de l’Homme de Vittoria

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Le voyage du Overthefortess continue, cette fois l’équipe de notre camper s’est intéressée à un phénomène terrible et incroyablement répandu : l’exploitation du travail qui souvent, mais pas toujours, s’entrecroise au caporalato. Un fléau qui - comme il a été documenté par les reportages de Meltingpot et les rapports publiés dans les derniers mois - compte, seulement dans le Sud de l’Italie, entre les 300 et les 600 miles personnes.

Nous nous rendons à Cassibile, un bourg de 6.000 habitants dans la municipalité de Siracusa. Entre certains citoyens la rumeur court, mais la plupart ignore le ghetto qui se trouve quelques kilomètres plus loin. Nous suivons un petit chemin de terre battue et observons, peu après, des baraques de fortune prés d’une chaumière abandonnée. Nous y arrêtons et y rencontrons Sharaf, qui nous montre le reste du ghetto. Il est appellé « Hotel Sudan » pour l’origine de ses habitants ; aujourd’hui on en rencontre une douzaine, mais pendant l’été ils sont plus de 300 les personnes qui vivent ici. Sharaf nous montre sa maison, une baraque très petite avec un lit, une petite table, un fourneau à gaz, quelques vêtements et de la vaisselle.

L’Hotel Sudan est composé d’une vieille chaumière en ruine - où les travailleurs agricoles ont crée des espaces communes, une cuisine et un salon très différents de ceux de nos maisons - et d’autres petites maisons construites avec des tôles, du bois et des toiles en plastique. Sharaf dit qu’il y vive depuis 4 ans. Quand nous lui demandons combien on gagne pour travailler environ 10 heures par jour dans les campagnes, il nous répond « à peu près 5-6 Euros par jour ». C’est très difficile d’y croire. Nous savons par d’autres sources qu’il y a des personnes qui gagnent 30-35 Euros par jour, donc un peu plus de 3 Euros par heure. Il ne serait pas le premier à mentir sur les conditions de travail dans les champs, qui sont protégées par la lourde loi du silence. En outre, il faut rappeler quel le rôle du caporal (le chef) peut être exercé par les italiens comme par des étrangers. Ces figures n’ont évidemment aucun intérêt à dénoncer les terribles conditions du travail. Mais après avoir vu le ghetto de Cassible, même si habité par seulement 10 personnes, il ne reste pas des doutes sur la difficulté de vie de ces personnes.

Cassibile

Par contre, à Vittoria le travail agricole n’est pas saisonnier mais existe tout au long de l’année. En fait, la zone est caractérisée par les cultures de serre qui sont donc actives tout au long de l’année. Mais nous n’étions pas du tout préparés à ce qui nous attendait. L’ampleur des ces champs est au limite de l’indiscernable. Toits bombés et blancs dans toutes les directions à perte de vue jusqu’à la mer qui continue sans solution de continuité après cet océan blanc.

Le serre di Vittoria

La zone de Vittoria est un des marchés de fruits et légumes les plus grands d’Europe. On y produit surtout tomates, aubergines et poivrons. Giuseppe Scifo, secrétaire de la CGIL (Confédération Générale Italienne du Travail) de Ragusa, nous conte la situation qu’il suive depuis longtemps. On calcule qu’il y a près de 25.000 travailleurs agricoles actifs dans la province de Ragusa, dont environ le 40% d’origine étrangère. La plupart sont tunisiens et roumains. En fait, ici la main d’œuvre de l’est européen rivalise avec celle africaine dans le travail agricole. Vue la présence d’hotspots, CAS et CARA, dans les dernières années il y a eu une augmentation aussi des personnes provenant de l’Afrique subsaharienne, lesquelles « aident » les propriétaires dans le jeu à la baisse de la paie ; ces derniers, ne se devant pas occuper de nourriture et logement, arrivent à les payer 3 Euros par heure.

Même si l’exploitation du travail est montée en flèche, il n’est pas correct parler de caporalato dans ces zones : il n’y a pas en fait interposition entre le travailleur agricole et le propriétaire des champs - ce qui caractérise la figure du caporale - mais ce sont les entreprises mêmes qui gèrent les travailleurs, lesquels savent en autonomie à qui s’adresser. 3 Euros par heure ce n’est rien si on considère les conditions de travail : pendant l’été les températures sont terribles dans les serres, on reste tout le temps courbés, jusqu’à 10-11 heures par jour. Ceux qui ne vivent pas dans les centres d’accueil, habitent souvent à coté des serres, dans de vieilles chaumières. On nous a raconté le cas de la communauté roumaine, dont environ le 60% est composée par des femmes. En particulier, Ausilia Cosentini de la coopérative Proxima nous parle de leur vie extrêmement dure. Elles ne sont pas seulement exploitées dans les champs, mais elles sont aussi violées à l’intérieur de ces chaumières.

Zino Pitti de l’Association par les Droits de l’Homme nous rappelle en outre que dans les hôpitaux la présence des médecins objecteurs est très élevée : ceux-ci forcent beaucoup des femmes qui voudraient avorter à rentrer chez elles, ou à s’adresser à des médecins privés qui leur demandent d’importants sommes d’argent pour le service. Parfois ces médecins qui en privé fournissent ce type de service sont les mêmes qui, en public, défendent l’objection de conscience dans les hôpitaux. Celle là n’est pas la seule violence dont sont victimes les migrants de cette zone. En fait, plus d’une fois les migrants ont été renversés, des fois intentionnellement, pendant qu’ils allaient en vélo ou qu’ils marchaient. Encore une fois, le travail d’enquête est très difficile à cause de la loi du silence qui règne dans le territoire. Mais il existent des personnes qui travaillent tous les jours contre celle-là. Comme Andrea Gentile, opérateur dans un centre d’accueil, qui nous raconte beaucoup d’histoires très émouvantes à propos de ses hôtes, qui toutefois risqueraient beaucoup à s’exposer en public.

En citant Giovanni - un de nos accompagnateurs à Cassibile -, nous croyions qu’il est important de commencer à associer l’excellence du marché des fruits et des légumes italien à un respect du droits des travailleurs également excellent. Il n’est plus acceptable que l’énorme richesse de ces campagnes soit basée sur la souffrance des travailleurs étrangers et italiens.

Les fruits et les légumes de la Sicile orientale finissent dans les supermarchés gérés par la Grande Distribution Organisé qui, au fait, n’a jamais mis en œuvre des politiques de dénonce contre ce qui aujourd’hui peut être appelé en connaissance de cause le nouveau esclavage du 21éme siècle. Et pourtant, depuis beaucoup d’années, les associations qui travaillent sur le champ pour « la sortie du ghetto » demandent l’utilisation de l’étiquette narrative et une politique limpide et transparente de l’entière filière agricole. En réponse, la Chambre des Députés, le 19 octobre 2016, a approuvé une nouvelle loi « contre » le caporalato (Ddl Martina-Orlando) particulièrement répressive contre un phénomène qui n’est pas l’unique « mal  » de l’exploitation du travail.

Le serre di Vittoria